Je suis née à Dunkerque, dans une famille
douvriers, mon père était maçon à ses débuts. Depuis ma plus tendre enfance,
jai toujours ressentis un grand besoin dindépendance qui ma conduit, à
lâge de 17 ans et mon CAP de coiffure en poche, à gagner la capitale pour y
poursuivre mes rêves de comédie.
Je commence à travailler pour gagner ma vie, et très tôt je
rencontre lhomme qui deviendra le père de mon enfant. A deux nous nous lançons
dans la réalisation et la vente de chapeaux, mais notre séparation mettra bientôt un
terme à cette lancée. Je décide alors de passer une audition afin dentrer au
conservatoire dart dramatique et je suis admise, je vais devenir comédienne (!).
Cependant, après quelques mois, le professeur mexclut de son cours découvrant que
je suis une « fille-mère »
De petits boulots en petits boulots, je décide détudier
larchitecture intérieure durant 2 années et découvre luniversité grâce à
la validation des acquis, jai 26 ans.
Jobtiens 4 années plus tard, une maîtrise en arts plastiques et
retourne vivre à Dunkerque pour sculpter dans mon nouvel atelier. Je vais régulièrement
en Angleterre y apprendre langlais (jai 30 ans) dans le but de partir
travailler à létranger. Je sens quen France mon secteur dactivité est
relativement bouché.
« Nul nest prophète en son pays »,
écrivait Chagall...
Finalement, suite à une expérience en résidence dartistes en
Pologne et alors que je minterroge sur mon avenir dans lHexagone, je suis
invitée au Liban à réaliser des fresques en mosaïque et sculptures monumentales dans
des villes détruites par la guerre. Mon rêve était de travailler dans le domaine de
lart public, les portes souvrent au Moyen-Orient grâce à mon site internet.
Dautres propositions de pays voisins me permettent dassouvir mes envies de
création. On me donne « carte blanche », mot de passe qui résonne comme une
bouffée dair pur, mes ailes se déploient enfin
Après la Jordanie, Bahrain et
Dubaï, je rentre à Paris.
Dès mon retour, jentreprends de mettre en place un symposium
dart monumental à Dunkerque. Je crée lassociation GlobArTrotter dont le but
est denrichir les villes de sculptures monumentales. Je suis une formation en
management culturel, cette dernière est subventionnée par la fondation de la deuxième
chance. En effet, jai, pendant mon périple entre Beyrouth et Dubaï, été victime
dune violation de domicile, ce qui ma fait perdre habitation et atelier en
France.
De nature optimiste, je maccroche à mon projet mais je sens que
je tourne en rond.
Enfin, je prends la décision de quitter définitivement mon pays pour
le Liban mais subitement la guerre éclate, suivit de peu par le décès de ma
grand-mère. De nouveau je remets ma vie à plat et ne sais vers quoi me diriger.
Lart monumental nest pas suffisamment démocratisé pour que je parvienne à
me faire une place rapidement, pire encore, je suis pour léternité insoumise,
destinée à créer pour exister, à être inconditionnellement libre pour vivre.
Ce qui manque à lArt monumental, cest la
mobilité !
La douleur de la disparition de ma mère (grand-mère), son souvenir,
sa vie ô combien admirable minterdit de baisser les bras. Je porte au doigt sa
bague. C est bien la première fois que jaccepte que quelque chose menserre.
Soudain je comprends, cétait comme-ci, à travers ce bijou, elle me léguait sa
féminité. Tout ce que je refoulais autrefois mattire, minspire. Je résiste
un temps, mon passé de sculpteur, de mosaïste, mon rêve accompli, morientent
inexorablement vers dautres cieux.
Je continue à dessiner des sculptures, je les implante dans un espace
et je les anime. Je cherche à leur donner « vie ». Plus je les regarde, plus
cela mapparaît comme une évidence.
« Il faut que lindividu sapproprie
lart », une pensée qui me revient sans cesse
Ce qui mintéressait dans lart monumental peut
vraisemblablement trouver un écho dans lArt du prêt-à-porter, voire davantage
encore. Des sculptures à porter
ça ne peut être que cela !
Les femmes sont là, ne les remarquez-vous pas ?
Un bijou suffira à révéler toute leur féminité, il se portera
aussi bien sur un corps nu que sur un long manteau. Jaimerai juste les aider à
saffirmer davantage, à dévoiler leur beauté, les protéger, les rassurer, les
rendre fière dêtre FEMME, les exposer comme jexposerais mes sculptures. Des
uvres sur pieds, nest-ce pas magique ?
« Un bijou pour une perle »
A ce jour, je vis à Paris. Jai toujours ce même
appétit de créer et mettre en valeur, non seulement les espaces publiques mais plus
encore ceux qui y déambulent.
Je viens de trouver une première galerie dart pour présenter
mes premières « Sculptures à porter » et prépare mon premier salon
professionnel
« Un bijou pour une perle », slogan qui traduit à
merveille la singularité de lobjet destiné à un être toujours exceptionnel.
Lunicité est un genre pas suffisamment développé à mon goût et cest
précisément la raison pour laquelle je mintéresse à la haute couture
mais
vais-je savoir retenir son attention ?
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